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Table des Living Labs de montréal
 

Un Living Lab, qu’est-ce que c’est?

 

Un processus porté par l’usager

En raison de l’instabilité des marchés et de l’accélération de la compétition, il faut continuellement adapter la gestion des projets d’innovation technologique aux changements. Un produit ou un service n’est innovant que s’il est adopté par les utilisateurs. La place des usagers au sein des processus d’innovation est donc cruciale dans les modèles d’innovation : l’analyse des besoins, la validation par phases et les groupes de discussion positionnent les usagers au centre de l’effort d’innovation afin d’en maximiser les retombées.

Le Living Lab enrichit le modèle axé sur l’usager en reconnaissant les connaissances tacites (ou « profanes ») des usagers comme une source de valeur ajoutée pouvant être mise à profit tout au long du processus d’innovation, afin d’harmoniser l’offre à la demande. Le modèle Living Lab innove en positionnant les usagers comme des acteurs actifs et non comme des réceptacles passifs de l’innovation. On parle désormais de processus d’innovation porté par l’usager et soutenu par les différentes parties prenantes gravitant autour d’un projet particulier.

Les usagers participent à toutes les étapes du processus : la planification, la conception, le prototypage, le développement et le déploiement. Ils deviennent des cocréateurs, voir des cochercheursen partageant leurs découvertes, leurs impressions, leurs expériences, leurs idées et leurs solutions. En participant aux  phases initiales du développement, les usagers harmonisent le produit à leurs comportements naturels et à leur contexte de vie. Ainsi, les organisations bénéficient d’une résilience accrue lorsque les marchés sont turbulents, car elles comprennent mieux et plus rapidement les comportements d’adoption et les préférences des usagers.

 

Expérimentation dans des environnements réalistes

L'environnement réaliste est l’un des éléments distinctifs du Living Lab (d’où le terme « living »). Un Living Lab teste et développe les produits et les services dans des environnements réalistes, c'est-à-dire dans des conditions qui correspondent au contexte de vie des usagers lors de l’utilisation du produit ou du service. On peut ainsi identifier des problèmes qui ne pourraient pas être reproduits dans un laboratoire contrôlé et fermé − la vie quotidienne est un système ouvert sur le monde où une pluralité d’influences, de contraintes et d’opportunités peuvent se manifester. L’environnement réaliste n’est pas nécessairement réel. Lorsque l’accès au véritable milieu de vie de l’usager est hors de portée, on peut parfois recréer ces conditions, grâce à des maquettes physiques ou en utilisant des technologies de simulation comme l’immersion numérique.

L’expérimentation en conditions réalistes vise à observer et à définir trois dimensions liées à l’usage d’un produit ou d’un service afin de comprendre la valeur qu’un usager associe à ce dernier:

  • Signification d’usage : le sens de l’utilisation du produit ou du service aux yeux de l’usager
  • Situation d’usage: les lieux et les moments les plus propices à l’utilisation
  • Contexte  d’usage: l’appropriation du produit ou du service au sein d’une communauté particulière

L’élaboration d’un processus d’expérimentation en conditions réalistes permet de comprendre de manière approfondie un comportement d’adoption d’une technologie ou d’un service particulier lorsque son usage s’exprime de manière naturelle. L’objectif d’un tel investissement est de s’assurer que le produit ou le service conçu est adapté à la vie quotidienne des usagers. Il est important de ne pas fausser le comportement de ces derniers par des approches ou des outils intrusifs lorsqu’on recueille des données. L’observation participante est privilégiée. La présence d’anthropologues, particulièrement d’ethnographes, est souhaitable dans la constitution des équipes d’intervention et de recherche d’un Living Lab.

 

Partenariats public-privé-citoyen

L’écosystème d’un Living Lab fait référence aux différentes parties prenantes qui gravitent autour d’un projet commun. Ces parties prenantes sont généralement représentées par des acteurs provenant de différentes sphères de la société.

  • Public :
    • les décideurs publics (niveau municipal, régional ou provincial) dont l’intérêt est le développement économique (développer l’innovation sur le territoire et encourager les entreprises et les industries) et le développement social (répondre aux besoins des citoyens);
    • les universités et centres de recherche dont la motivation principale est de faire avancer la connaissance sur un sujet;
    • les services publics (hôpital, école, etc.) dont l’objectif premier est d’améliorer les services offerts aux citoyens, tout en améliorant leur modèle d’affaires.
  • Privé : Les entreprises privées (PME et fournisseurs technologiques) axées sur le développement de nouveaux produits ou services, ou la prestation de services technologiques.
  • Citoyen : Les organismes communautaires et collectifs citoyens dont le souhait est de participer à l’élaboration de nouveaux produits et services et de favoriser l’émergence de modalités de participation démocratique citoyenne.

Les différentes parties prenantes peuvent jouer le rôle d’initiateur de projets, de fournisseur de technologies ou de services, de contributeur au développement de l’innovation ou de demandeur de solutions innovantes.

La particularité de l’approche Living Lab est d’aller au-delà de la concertation en engageant des partenariats dans une dynamique d’expérimentation. Un Living Lab est une structure qui offre un espace sécuritaire d’expérimentation pour les usagers et un processus de création de valeur à 360 degrés pour toutes les parties prenantes. Leur participation aux projets d’expérimentation leur apportera des connaissances, une valeur économique et des retombées sociales. Il s’agit donc d’un écosystème, puisqu’on assiste à la création d’une véritable dynamique d’échange entre les parties prenantes sous la forme de processus collaboratifs, de méthodologies, de visions, de technologies ou encore de savoirs pour définir et développer ensemble de nouveaux systèmes publics et communautaires, de nouveaux produits, de nouveaux services ou de nouveaux modèles commerciaux.

 

Innovation centrée sur les usages

Les innovations créées dans le cadre des Living Labs sont généralement dérivées de produits, services ou technologies existants, qui ont pu être développés à l’interne ou par d’autres firmes. En valorisant ainsi les actifs déjà en place, on facilite le développement d’innovations en réduisant le temps et les coûts. Cette approche est particulièrement intéressante dans les conditions économiques actuelles où les cycles de développement et de vie des innovations sont de plus en plus courts, et où les innovateurs doivent être de plus en plus agiles.

En se fondant sur les interactions existantes, on peut développer de nouvelles spécificités pour un produit, pour un service ou pour une technologie afin de mieux répondre aux exigences grandissantes et variées des clients dans le domaine d’intervention habituel. En collaborant avec de nouveaux acteurs, on peut aboutir à des transferts d’usage dans un autre marché.